Soirée “Creative Commons Salon” dans un bar de San Fransisco. Au programme :
- Le projet Wikipedia
- L’Open Library Project
- Swiss Open Systems User Group
- La vision de l’Etat de Genève sur les standards ouverts, l’open source et les données ouvertes
Ambiance alternative, bar sombre avec DJ électro en guise de décor sonore. Geeks bière en mains. J’y suis enfin ! Aux racines de la culture qui fait émerger l’informatique de demain. Steve Jobs a construit sa première machine dans son garage avec Woz. Wikipedia présente ses projets dans un bar. L’esprit n’a pas changé. Il s’agit toujours de fabriquer une machine ou un concept, de le présenter aux autres puis de voir si quelque chose se passe. Avec un changement social majeur comme résultat potentiel.
Voir et entendre Erik Moeller, un des piliers de Wikipedia, Deputy Director of the Wikimedia Foundation, l’entendre s’exprimer simplement dans un bar de San Fransisco. Le show n’est pas son fort, heureusement que le projet parle pour lui. Mais pouvoir lui poser des questions, partager un verre même ! Cet homme est tout de même un de ceux qui a créé le deuxième site le plus visité au monde. Et on ne parle pas de monstre comme Google, mais d’une idée géniale inspirée de ce qui a fondé LINUX : le modèle du bazar peut faire mieux que celui de la cathédrale. Ce qui peut s’appliquer à la technique peut aussi fonctionner pour bâtir une encyclopédie. Au lieu de rédiger un ouvrage de cette importance à l’aide d’une organisation hiérarchisée, profitons des possibilités offertes par le web. Le travail distribué. Comme un cerveau composé de cerveaux. Où chaque contributeur jouera le rôle d’un neurone. Chacun pourra librement créer un article sur ce qu’il connaît le mieux. Si une masse critique d’utilisateurs-contributeurs est atteinte le risque d’informations erronées sera minimisé, puisque les lecteurs-contributeurs corrigeront les erreurs. L’ordre naît ainsi du chaos. L’émergence d’une intelligence de réseau, une sorte d’auto-organisation de l’information.
Erik Moeller parle des prochaines évolutions. Vidéo, en utilisant un format ouvert, bien sûr. Garantir la pérennité structurelle et financière de l’encyclopédie, qui entre maintenant dans une phase de maturité. Et introduire un système qui permet de marquer les articles sujets à fraude, afin de pouvoir soumettre ces documents à un système de validation. Comme les pages décrivant un certain président américain Georges B. Junior pour ne pas citer son nom…
Puis la pétillante Alexis Rossi prend la parole. Elle est Manager of Collections dans l’Open Library Project. La présentation est percutante, vivante. Brillante même. L’ambition du projet ? Numériser à terme tous les livres produits par l’Homme, pour les publier sur internet. Tout simplement. Quelques millions de livres ont déjà été intégrés. Et chaque jour alimente la base de données. Le principal problème est bien évidemment le manque d’argent. 2 petabytes de données, ça nécessite un vrai datacenter. Surtout quand le volume augmentera sans fin…L’idée est à nouveau de mettre à disposition de chacun l’ensemble de la connaissance humaine dans une perspective non-consumériste. Une poignée de gens motivés, peu de moyens mais une grande idée, le partage et l’entraide : l’esprit de la Silicon Valley est là. Puissant, incroyablement créateur.
Avant la séquence récréative 2 présentations de membres de notre groupe. Hannes Gassert, CTO de Leap, une entreprise suisse active sur le web, parle de l’intérêt des standards ouverts et des logiciels open source qui permettent créativité et création de valeur dans des entreprises locales. Donc de /ch/open, un usergroup actif notamment das le lobbying. Afin de faire entrer le concept d’open source au niveau politique pour finir par modifier la politique IT de la Suisse. Beau projet porté avec exaltation.
Giorgio Pauletto, consultant en matière de stratégie IT de la ville et même de la république de Genève, prend finalement la parole pour parler d’une évolution majeure qui devrait bouleverser le système informatique du canton : le passage de toute l’infrastructure informatique à des logiciels open source. Desktops compris. Ou comment permettre aux citoyens de se réapproprier leur système d’information, diminuer les impôts, et donner du travail aux entreprises locales. Améliorer les services qu’une collectivité publique offre à ses administrés en somme. Un projet de longue haleine, qui part des salles de serveurs pour finir sur les bureaux des secrétaires, sous la forme d’un PC qui tourne sous LINUX. Un projet mené avec une conviction communicative, méthodiquement, capable de faire un précédent intéressant en Suisse.
Formats ouverts pour permettre transparence et création de projets d’utilité publique, interopérabilité, pérennité des données, moyens politiques de répandre les logiciels et la mentalité de la communauté open source de partage de connaissance dans la société, constitution d’une encyclopédie et d’une bibliothèque universelle : l’air de rien, dans un bar de San Fransisco, bières en main, ces hommes et cette femme construisent les systèmes d’information de demain. Comme un petit air de Tour de Babel et d’utopie qui soufflait dans les rues de SFO ce soir-là…