Zepat’s blog

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Day 4, part one : Apple, la “cool culture” du secret

mai 18, 2008 · Laisser un commentaire

Arrivée à Infinite Loop. Beau campus, verdure, affiches géantes du dernier produit pommé à la mode. Des iMac à la réception (quelle surprise !). Accueil sympa, très pro, badges pour tout le monde.  Une suisse allemande probablement née aux USA, un employé Apple basé à Zurich. Photos interdites à l’intérieur, ambiance cool. Mais on cultive ce petit mystère destiné à rendre l’entreprise plus désirable, comme une femme qui sait garder ses mystères.

Arrivée dans la zone de conférence. Pensée du Maître imprimée sur un mur incurvé. Noir, blanc, métal : le design règne en maître. Avec un solide échantillon de la gamme des produits fruités en démonstration, du Xserve à l’iPod. Arrivée dans la salle de conférence. Le show peut commencer. Mais. Comme chez VMWare, signature d’un document de type “non-disclosure agreement”, une routine, car les gens parlent si librement ici que nous pourrions apprendre des choses…encore cette tactique qui vise à vous faire croire que des révélations incroyables vont vous être adressées personnellement pendant la matinée. Je vais donc respecter mon engagement. Sachez juste que nous avons eu droit à un vue d’ensemble d’Apple et de ses perspectives, une démonstration des fonctionnalités les plus intéressantes de Mac OSX.5 client et serveur pour l’éducation (joli wiki et puissant Podcast Producer notamment), pour finir par la démo d’iTunesU.

Menu riche, joli buffet à consommer en travaillant. Beaucoup d’humour, d’autodérision. But du jour ? Convaincre chacun que le Mac est ce qu’il vous faut dans le milieu de l’éducation, et qu’il est un choix à considérer désormais sérieusement pour l’entreprise. Parfum d’iPhone, dernière “disruptive innovation” à ouvrir de nouvelles perspectives. La suite étourdissante de graphiques qui illustrent la récente mais continue croissance phénoménale de la boîte est là pour vous donner confiance. Des présentations Keynote (what a surprise !) très pro, des démo live sur le mode Steve Jobs. Rien de neuf à vous dire. Mais on sent une réelle passion dans cette entreprise devenue gigantesque. Un esprit d’équipe. Les employés sont fiers des technologies qu’ils vous présentent avec enthousiasme. Apple, ou la grande entreprise qui a su garder ou plutôt retrouver ce brin de folie et de créativité qui fait la force et la magie de la Silicon Valley. Depuis le retour de Steve Jobs aux commandes… 

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Day 3, part four : geek culture, ou comment se bâtissent les systèmes d’information de demain

mai 18, 2008 · Laisser un commentaire

Soirée “Creative Commons Salon” dans un bar de San Fransisco. Au programme :

  • Le projet Wikipedia
  • L’Open Library Project
  • Swiss Open Systems User Group
  • La vision de l’Etat de Genève sur les standards ouverts, l’open source et les données ouvertes

Ambiance alternative, bar sombre avec DJ électro en guise de décor sonore. Geeks bière en mains. J’y suis enfin ! Aux racines de la culture qui fait émerger l’informatique de demain. Steve Jobs a construit sa première machine dans son garage avec Woz. Wikipedia présente ses projets dans un bar. L’esprit n’a pas changé. Il s’agit toujours de fabriquer une machine ou un concept, de le présenter aux autres puis de voir si quelque chose se passe. Avec un changement social majeur comme résultat potentiel.

Voir et entendre Erik Moeller, un des piliers de Wikipedia, Deputy Director of the Wikimedia Foundation, l’entendre s’exprimer simplement dans un bar de San Fransisco. Le show n’est pas son fort, heureusement que le projet parle pour lui. Mais pouvoir lui poser des questions, partager un verre même ! Cet homme est tout de même un de ceux qui a créé le deuxième site le plus visité au monde. Et on ne parle pas de monstre comme Google, mais d’une idée géniale inspirée de ce qui a fondé LINUX : le modèle du bazar peut faire mieux que celui de la cathédrale. Ce qui peut s’appliquer à la technique peut aussi fonctionner pour bâtir une encyclopédie. Au lieu de rédiger un ouvrage de cette importance à l’aide d’une organisation hiérarchisée, profitons des possibilités offertes par le web. Le travail distribué. Comme un cerveau composé de cerveaux. Où chaque contributeur jouera le rôle d’un neurone. Chacun pourra librement créer un article sur ce qu’il connaît le mieux. Si une masse critique d’utilisateurs-contributeurs est atteinte le risque d’informations erronées sera minimisé, puisque les lecteurs-contributeurs corrigeront les erreurs. L’ordre naît ainsi du chaos. L’émergence d’une intelligence de réseau, une sorte d’auto-organisation de l’information.

Erik Moeller parle des prochaines évolutions. Vidéo, en utilisant un format ouvert, bien sûr. Garantir la pérennité structurelle et financière de l’encyclopédie, qui entre maintenant dans une phase de maturité. Et introduire un système qui permet de marquer les articles sujets à fraude, afin de pouvoir soumettre ces documents à un système de validation. Comme les pages décrivant un certain président américain Georges B. Junior pour ne pas citer son nom…

Puis la pétillante Alexis Rossi prend la parole. Elle est Manager of Collections dans l’Open Library Project. La présentation est percutante, vivante. Brillante même. L’ambition du projet ? Numériser à terme tous les livres produits par l’Homme, pour les publier sur internet. Tout simplement. Quelques millions de livres ont déjà été intégrés. Et chaque jour alimente la base de données. Le principal problème est bien évidemment le manque d’argent. 2 petabytes de données, ça nécessite un vrai datacenter. Surtout quand le volume augmentera sans fin…L’idée est à nouveau de mettre à disposition de chacun l’ensemble de la connaissance humaine dans une perspective non-consumériste. Une poignée de gens motivés, peu de moyens mais une grande idée, le partage et l’entraide : l’esprit de la Silicon Valley est là. Puissant, incroyablement créateur.

Avant la séquence récréative 2 présentations de membres de notre groupe. Hannes Gassert, CTO de Leap, une entreprise suisse active sur le web, parle de l’intérêt des standards ouverts et des logiciels open source qui permettent créativité et création de valeur dans des entreprises locales. Donc de /ch/open, un usergroup actif notamment das le lobbying. Afin de faire entrer le concept d’open source au niveau politique pour finir par modifier la politique IT de la Suisse. Beau projet porté avec exaltation.

Giorgio Pauletto, consultant en matière de stratégie IT de la ville et même de la république de Genève, prend finalement la parole pour parler d’une évolution majeure qui devrait bouleverser le système informatique du canton : le passage de toute l’infrastructure informatique à des logiciels open source. Desktops compris. Ou comment permettre aux citoyens de se réapproprier leur système d’information, diminuer les impôts, et donner du travail aux entreprises locales. Améliorer les services qu’une collectivité publique offre à ses administrés en somme. Un projet de longue haleine, qui part des salles de serveurs pour finir sur les bureaux des secrétaires, sous la forme d’un PC qui tourne sous LINUX. Un projet mené avec une conviction communicative, méthodiquement, capable de faire un précédent intéressant en Suisse.

Formats ouverts pour permettre transparence et création de projets d’utilité publique, interopérabilité, pérennité des données, moyens politiques de répandre les logiciels et la mentalité de la communauté open source de partage de connaissance dans la société, constitution d’une encyclopédie et d’une bibliothèque universelle : l’air de rien, dans un bar de San Fransisco, bières en main, ces hommes et cette femme construisent les systèmes d’information de demain. Comme un petit air de Tour de Babel et d’utopie qui soufflait dans les rues de SFO ce soir-là…

 

 

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Day 3, part three : la voie du design

mai 17, 2008 · Laisser un commentaire

Adaptive Path. Une petite équipe de créatifs spécialisés dans le consulting. Le patron Peter Merholz nous reçoit, appelle 2 personnes d’une de ses équipes (dont le co-auteur du livre qui vient de sortir “Subject To Change: Creating Great Products & Services for an Uncertain World: Adaptive Path on Design (Adaptive Path)“. Et c’est parti pour 3 heures de discussion. Ce qui frappe d’emblée c’est l’ambiance de sérénité qui se dégage de l’endroit. Pas ce faux air cool. Les murs sont remplis de post-it, de tableaux blancs colorés d’idées. Des laptops pommés partout, mais une vraie présence du papier, lieu de réflexion et de création. Ici on prend le temps de penser en humain pour d’autres humains. Le produit doit être au service de l’Homme, et non l’inverse. Le patron sait ce qu’il veut malgré son air de dandy rasé qui a troqué sa canne pour un iPhone : un marché de niche, faire une marge importante, et visiblement garder le contrôle sur ce qu’il a bâti. Ca change de la start-up moyenne qui déménage tous les 6 mois pour doubler de taille.

Principes du design selon Adaptive Path :

  • be human
  • work the way your customers do
  • show progress
  • find effiiencies
  • set expectations

La discussion est ouverte, les 3 personnes se complètent. On sent qu’une vraie équipe a été construite. Quand ils acceptent un client le but est de faire de l’utilisation d’un produit une expérience. De trouver qui ce client est, qu’est-ce qui peut différencier son produit et donc ce qui doit être mis en avant voire modifié. Leur job n’est pas de prendre le processus industriel en charge, mais de montrer la voie. Le travail préparatoire peut prendre des mois. Interview des personnes clés de l’entreprise afin d’en intégrer la culture, détermination de 3 clients-type (aisance par rapport au produit : débutant, moyen, avancé), puis tests du produit en conditions réelles. Parce qu’un test un labo ne vaut rien, et qu’il ne rapporte plus rien puisque tout le monde le fait désormais. Toujours cet objectif du marché de niche, de la différenciation, de la recherche d’une marge élevée.

2 designers travaillent ensuite pour une période déterminée à l’avance avec une délégation complète des personnes qui ont conçu ou vont concevoir le produit. En général une semaine. Avalanche de séance où les rouleaux de papier tapissent le sol et où les murs se noircissent et se remplissent de post-it. Au client ensuite d’implémenter les idées avec lesquelles il repart sous le bras. Et à 17h30 la journée est finie. Exit le discours exalté du patron moyen de start-up qui prétend que ses bureaux sont encore plein de gens passionnés qui travaillent à 2 heures du matin ! Peter Merholz veut un travail intense, parce qu’il sait que des limites clairement définies à l’avance permettent de se surpasser. Une personnalité hors du commun et franchement anticonformiste (pour la Silicon Valley  !).

La méthode pour designer un bon produit en une phrase ? Se connaître, trouver sa spécificité, définir son produit, puis entamer le processus de design. Un petit parfum socratique se dégage d’Adaptive Path, mais adapté à la société consumériste high tech du 21e siècle…

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Day 3, part two : l’homme qui a fait parler Microsoft

mai 16, 2008 · Laisser un commentaire

Rencontre avec Robert Scoble devant l’océan Pacifique (grandiose décor !), blogger caméra sur l’épaule de son état. Genre relax, T-shirt flottant déjà loin de la taille. Ca nourrit bien son homme le blog ;-) Plus sérieusement l’homme est sympathique. Et arbore fièrement sur la poitrine les 3 mots “peace, love, equality”. Un petit côté Michael Moore, incontestablement. Il aime violer les règles, mais pas trop quand même. Il se voit comme un journaliste. Etre le premier sur l’info ou rien. Un fin connaisseur de la technique et de ses coulisses. Célèbre pour son blog chez Microsoft qui l’avait engagé pour faire du buzz. Succès énorme et panique dans les bureaux. L’homme débarquait caméra à l’épaule sans prévenir et vous faisait parler de choses si possibles confidentielles…la terreur des cols blancs en somme !

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Day 3, part one : VMWare & le billet virtuel

mai 16, 2008 · Laisser un commentaire

Accueil : signature d’une clause de “non-disclosure agreement”. Ou comment faire croire au client potentiel qu’il va apprendre plein de secrets. 2 figurants, 2 commerciaux. Présentations sur le mode de la lecture du catalogue de produits “AMAZING” (ciel, je risque un procès !) pondu par le département marketing. Cela dit leurs produits sont réellement intéressants. Mais je vais respecter scrupuleusement mon engagement signé : comme ils ne nous ont rien appris mon billet s’arrêtera là. Mêmes les présentations sont virtuelles chez VMWare…

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Day 2, part two : Atlassian ou la colossale transparence

mai 16, 2008 · Laisser un commentaire

Atlassian. Une boîte australienne fondée par 2 jeunes geeks en 2002. Accueil par le seul employé de plus de 26 ans (sic !), Jeffrey Walker, assisté d’un jeune loup du marketing. Bureaux neufs, l’emménagement est en cours. Genre loft situé dans un quartier qui fut industriel. Bureaux ouverts, lumineux, spacieux. Espace détente équipé de consoles vidéo. Avec vue sur les pauvres qui poussent leur maison (soit un caddy dont un supermarché n’a plus voulu) en haut des collines de San Fransisco. Richesse virtuelle des start-up et pauvreté bien réelle font bon ménage dans cette ville.

La start-up se veut transparente. Sur les méthodes, le code source des applications produites, tout. Pas de “sales force”, tout se fait online. Pas de support pro, pas d’équipe chargée d’implémenter les applications : leurs produits sont prétendument si bons qu’il s’agirait là de coûts inutiles. Leur stratégie est de vendre beaucoup et bon marché. Ou comment faire passer un manque de moyens pour une stratégie…

Le temps fort du jour est l’annonce des valeurs de l’entreprise, que ce bon vieux Jeffrey fait sur le mode “vous pensez que c’est OK pour les nouveaux marchés que nous visons ?” :

  • open company. no bullshit
  • build with heart and balance
  • don’t fuck the customer
  • play, as a team
  • be the change you seek
Une variation sur le thème “Don’t be evil” de Google. Mais en plus “cool”. Résultat sur l’assemblée : hilarité générale. Peut-être un ou deux mots à revoir…niveau arrogance ce n’est pas mal non plus. Appréciez le sous-entendu : les autre f*** leurs clients !
Le “business model” est néanmoins intéressant. Une tentative d’utiliser des briques open source pour construire un produit commercial qui semble réussir. Juste ce parfum de contradiction qui flotte dans l’air. Un de leurs leitmotiv dans leur quête de la recherche de ce qui fait leur différence et donc leur plus-value, est l’absence de “sales force”. Or l’orateur du jour était un commercial pur et dur qui doit avoir un solide passé de vendeur de Chevrolet repenti vu le goût des Californiens pour les Prius. Son assistant est très orienté marketing. Et dans l’ascenseur qui nous menait à la sortie nous avons croisé une jeune “skateboardeuse” qui nous a confié être une “pre-sales engineer”, mais que bon, elle était plus spécialisée dans le “pre” que dans les 2 autres spécialités…

 

 

 

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Day 2, part one : Yahoo! Brickhouse, des briques pour quoi faire ?

mai 14, 2008 · Laisser un commentaire

Visite de cet incubateur de projets à la sauce Yahoo! Il est 10h00, Chad Dickerson, Director of the Advanced Products Group, ouvre la porte du grand loft situé en plein quartier high tech de San Fransisco. Le jeune loup déjà embourgeoisé s’excuse de l’aspect désert des places de travail. 10h00, ce n’est pas une heure d’ingénieur ! Le bonhomme a de l’humour, on sent une certaine expérience, un certain recul. Comme une adhésion apparente aux valeurs et aux buts de l’entreprise, mais avec une bonne distance critique intérieure. L’homme a une formation classique. Son principal intérêt pendant ses études universitaires : Shakespeare. Il voulait être journaliste. Il est arrivé au moment des premiers sites internet de type news. Il s’est donc retrouvé à coder des pages web pour des entreprises comme CNN en 1993. Payé pour 8h15 d’un travail fait en 45 minutes. 7h15 pour se former en autodidacte ! Il lâche au passage que c’était le site le plus visité à l’époque, et que c’est naturellement la page de news de Yahoo! qui est au top actuellement…comme si les succès d’audience le suivaient.

Niveau organisation du travail on retrouve l’environnement classique de la Silicon Valley. Horaires flexibles, bureaux paysagés, laptops partout (des Macs surtout), cafétéria cool, coin détente (avec consoles et écran géant SVP), petite structure. Dickerson ne fait pas dans le mystère. Le but est de recréer une ambiance de start-up, pour stimuler la créativité. Mais Yahoo! n’est plus une start-up. L’homme n’est pas dupe. Les nouveaux produits qui rapportent des millions ne sont pas la propriété des équipes qui les ont bâtis. Ils appartiennent au groupe. On sent la grande boîte peuplée de nostalgiques qui tentent sans cesse de recréer les conditions de leurs débuts exaltants. Le but final est de tirer le maximum des employés. La principale récompense est la fierté d’avoir contribué à créer un produit utilisé par des millions de gens (pourquoi j’ai l’impression qu’il se retient de rire quand il lâche ce poncif ?). Plus les classiques stock options et autres augmentations de salaire.

Grande nouveauté depuis la fondation de Yahoo! Brickhouse (par la co-fondatrice de Flickr, Catarina Fake SVP) : les “Hack days”. Soit 24 heures libres pour développer un prototype destiné à une présentation de 90 secondes devant un parterre d’experts internes. Avec une ambiance cool, dernier “Hack day” : concert privé de Beck pour 500 développeurs ! Un petit parfum de Google et de ses 20% de temps dévolus à un projet perso, qui reste bien sûr propriété de l’employeur en cas de hit…beaucoup de jeunes, des conditions de travail à se croire patron, un salaire confortable, mais la fortune réservée aux “venture capitalists” et au mythique fondateur visionnaire, incarnation de l’American Dream…

Beaucoup de projets en cours, sans nécessité de rendement immédiat. L’échec est autorisé, à condition de l’analyser et de faire bénéficier le groupe des enseignements à tirer. Le meilleur moyen de savoir si un produit va marcher est de le lancer, puis d’observer ce que les utilisateurs en font. Si l’audience est confidentielle, pas de soucis, on jette et on met de côté pour une implémentation dans un autre produit. Ca sent déjà la grosse boîte : la machine à innovation peut tourner à vide, les bonnes vieilles vaches à lait sont lait pour payer les salaires. Et statistiquement on fini bien par pondre un hit. Comme Yahoo! Live qui a dépassé le million d’utilisateurs en 12 jours. Il faut être patient, productif, et faire circuler l’information dans le groupe. Mais le succès de masse a un prix : la moindre innovation pose d’importants problèmes logistiques (bande passante, fiabilité,…). Yahoo! tente de résoudre le dilemme suivant : être innovant et souple comme une jeune start-up alors que le groupe a atteint la taille d’un monstre à l’inertie grandissante…

Construire la maison Yahoo! brique après brique en somme…Yahoo! Brickhouse, un nom sans doute choisi à dessein…avec la “disruptive innovation” (CHRISTENSEN, Clayton, “The innovator’s dilemma”) en point de mire. Comme produire une application pour le web ne coûte pas grand chose (un environnement cool aux yeux de jeunes talents également motivés par une pincée d’argent virtuel), mais que la conquête d’un marché coûte très cher, Yahoo! se concentre sur un petit changement de paradigme qui créera un nouveau marché juteux. Il s’agit donc d’un processus heuristique, qui avance par tâtonnements, qui apprend de ses erreurs. Un luxe que l’équipe qui fait tourner le “core business”, soit Yahoo!Mail utilisé par +500 millions d’utilisateurs, ne peut pas se permettre. Il vaut mieux être une fraîche brique du sommet du mur qu’une bonne vieille brique qui soutient l’édifice ;-)

 

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Day 1, part three : IDEO, c’est pas idiot…

mai 13, 2008 · Laisser un commentaire

La journée s’est achevée avec la visite des bureaux et des ateliers d’IDEO à Palo Alto. Et d’un session Q&A avec Bill Moggridge, l’âme des lieux.

Bureaux ouverts, horaires libres, espaces personnels réduits au minimum pour maximiser les espaces de travail en équipe. Beau bâtiment superbement meublé. Pas de doute, on est dans une boîte de design. Même la table de la réception est une pile de feuilles circulaires. Si vous avez une idée, vous pouvez l’écrire sur la table…et partir avec ! Le “shared mind” : plusieurs esprits en interaction directe sont plus puissants que la somme de leurs capacités individuelles. On y recrute des “gens en T”. Aucun rapport avec la boisson. Mais avec des gens aux fortes compétences verticales, qui ont l’envie d’explorer avec d’autres l’axe horizontal. En clair : les meilleurs dans leur domaine, ouverts au travail en équipe. Afin de créer des équipes les plus hétérogènes, et donc les plus créatives possibles.

Vélos au changement de vitesse automatique (même les vélos doivent être automatiques aux USA !), brosses à dents aux formes originales, instruments chirurgicaux, balles à l’aspect identique qui tantôt rebondissent ou pas, interfaces de logiciels, étage entier plein de jouets avec espace de jeu/test pour les enfants : Bill Moggridge serait parfait en “Q” dans le prochain James Bond ! Quand on voit la lueur qui s’allume  dans les yeux du Maître des lieux quand il nous montre un jouet, on comprend pourquoi il considère la réalisation de prototypes primordiale : pour être un bon designer, il faut d’abord aimer jouer…

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Day 1, part two : “Innovation by design”

mai 13, 2008 · Laisser un commentaire

Le dîner a été rapidement expédié. Bill Moggridge, co-fondateur d’IDEO, entreprise spécialisée dans le design, a tranquillement poussé les plats pour installer son laptop et son beamer. A son tableau de chasse : le premier laptop (the Grid Compass), la première souris. Excusez du peu. J’ai un moment eu peur qu’il veuille nous faire sa présentation avec sa bonne vieille bécane de 384 ko de RAM…Un Anglais exilé aux USA certes, mais un Anglais tout de même ! Avec l’accent, l’humour et une affection marquée envers les “bloody consultants”.

Le vénérable nous a fait une démonstration de ce qu’un PowerPoint (pardon, un Keynote) doit être. Clair, structuré, des mots simples jusqu’au slogan, du divertissement (quelques films amusants pour rythmer et varier), agréable à l’oeil. La grande classe. Une présentation de designer, et non de juriste en somme ;-)

Tout ça pour quoi ? Pour nous dire qu’à l’origine le téléphone (son fil conducteur, au sens propre et au figuré) était un objet si simple qu’un humain demandait à un autre humain de lui passer un autre humain (oui je sais, ça en fait des humains, Hum hein !). Et aujourd’hui ? Petit film amusant : une japonaise à Tokyo tente de commander une boisson avec son téléphone portable. 25 minutes plus tard, après avoir tout tenté, même un coup de fil (!) à la hotline, elle fini par enfiler quelques sous dans la fente…un bel exemple de design raté.

Bon, je pose à nouveau la question, tout ça pour dire quoi ? Qu’une innovation peut naître du design. Exemple : l’iPhone. Les fonctions ne sont pas nouvelles. Mais le design est si bien pensé que le produit devient innovant. Innovative by design. Vous pouvez désormais utiliser les fonctions multiples de l’objet. Vous le croyez donc innovant, car vous n’aviez jamais réussi à utiliser les mêmes fonctionnalités sur un objet au design raté…qui pouvait pourtant potentiellement faire la même chose !

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Day 1, part one : banque éthique, brevets & écologie, Net Neutrality

mai 13, 2008 · Laisser un commentaire

Aujourd’hui le menu a été varié et copieux (comment faire léger dans un pays où il est impossible de trouver un steak de moins de 225 grammes ?).

La journée a commencé au CIS (Center for Internet Society, Stanford University). Nous avons été accueillis par la “Executive Director of Stanford Law School’s Center for Internet and Society”, Lauren Gelman. Détail amusant, après un mot de bienvenue elle a filé vers sa priorité numéro 1 : trouver des fonds pour faire tourner son institut. Pour qui connaît le fonctionnement des universités suisses, ça dépayse…

  • Bruce Cahan nous a ensuite exposé son projet de créer une banque éthique dans la Silicon Valley. Bâtir un organisme financier qui vise un profit modéré, pour investir dans des entreprises au comportement socialement et écologiquement responsable. Avec la transparence comme principal fondement : les clients pourront savoir où leur argent est investi, pourquoi ils doivent payer x $ de taxe sur telle ou telle transaction. Détail amusant, la banque pourrait octroyer des primes pour inciter des comportements éthiques, comme un bonus en cas de non-usage de sa carte de crédit pendant 1 mois :-) L’orateur remarque avec malice que la crise des subprimes fait une publicité inespérée à son projet, qui vise le développement durable ou “sustainable” (un mot à la mode en Californie : cet Etat pourrait être indépendant m’a confié M. Cahan sur le ton de la boutade lors du lunch).
  • Stuart Soffer (IPriori, Inc.) a ensuite enchaîné. Pour parler de brevets dans le domaine de l’écologie. Il a entrepris de collecter le maximum de brevets publiques déposés ces 40 dernières années pour en faire une analyse statistique. Sa méthode produit des graphiques montrant la distribution dans le temps des dépôts de brevets en rapport avec l’écologie. Avec pour ambition de répondre à la question : les brevets servent-ils ou desservent-ils le développement des technologies vertes ? Il en doute, citant du bout des lèvres Nokia (un de ses contributeurs…) qui a breveté une technologie qui vise à rendre un mobile inutilisable quand le client désire en changer. Afin d’augmenter le nombre d’appareils vendus, puisqu’il ne serait plus possible de vendre ou même de donner son mobile à quelqu’un d’autre !
  • Nous avons fini sur une vidéo qui traitait de “Net neutrality”. Un sujet qui mériterait que l’Etat légifère (nous écoutions des juristes je vous le rappelle, la solution à tout problème ne peut donc que provenir d’une loi…). Sujet intéressant qui pose la question du pouvoir potentiellement abusif des fournisseurs d’accès à internet qui pourraient tout à fait décider de filtrer vos connexions pour vous obliger à utiliser leur moteur de recherche ou tel service de téléphone par IP…pour gagner plus d’argent, évidemment.

Banque éthique, nuisance des brevets quant au développement des technologies vertes, risque d’abus de pouvoir des fournisseurs d’accès à internet…la Californie ne fait décidément pas partie des USA !

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